Pin It

Les petits Chacals et le Lion de Miss Sara Cone Bryant

Il était une fois une grande jungle, et dans cette jungle, il y avait un grand Lion et le Lion était le roi de la jungle.
 
Chaque fois qu’il voulait quelque chose à manger, tout ce qu’il avait à faire était de sortir de sa caverne de pierre et de terre et de rugir.
 


Après avoir rugi à quelques reprises, tous les petits animaux de la jungle étaient tellement effrayés qu’ils sortaient de leurs trous et de leurs cachettes pour s’enfuir en tous sens. Alors, bien sûr, le Lion pouvait voir où ils étaient. Il se jetait sur eux, les tuait, et les avalait.
 
Il fit cela si souvent que finalement il ne resta pas une seule créature vivante dans la jungle autre que le Lion, à l’exception de deux petits Chacals, un petit père Chacal et une petite mère Chacal.
 
Ils avaient du fuir tant et tant de fois qu’ils étaient devenus très maigres et très fatigués, et qu’ils ne parvenaient plus à s’enfuir aussi vite.
 
Et un jour le Lion se trouva si près que la petite mère Chacal eut grand peur et elle s’écria :
- Oh, Père Chacal, Père Chacal! Je crois que notre tour est venu! Le Lion va sûrement nous attraper cette fois!
 
- Peuh! quelle idée, la mère! dit le petit père Chacal. Viens, fuyons !
 
Et ils coururent, coururent et coururent très vite, et le Lion ne put pas les capturer cette fois là.
 
Mais, finalement, le Lion se trouva de nouveau si proche d’eux que la petite mère Chacal en fut mortellement effrayée.
- Oh Père Chacal, Père Chacal! pleura-t-elle. Cette fois, je suis sure que notre tour est venu. Cette fois, le Lion va nous manger!
 
- Maintenant, la mère, arrête de pleurnicher, dit le petit père Chacal, fais comme je te dis, et tout se passera bien.
 
Et alors, que firent ces astucieux petits chacals, ils se prirent par la main, et il coururent au devant du Lion, comme si ils avaient l’intention de se jeter dans sa gueule.
 
Quand il les vit approcher, il se leva, et il rugit d’une terrible voix:
- Petits misérables, venez ici vous faire manger, immédiatement! Et d’abords, pourquoi n’etes vous donc pas venu plus tôt?
 
Le père Chacal le salua très bas.
- C’est bien vrai, père Lion, dit-il, nous avions l’intention de venir, nous savions que nous aurions du déjà venir; et nous voulions venir; mais, à chaque fois, un grand lion terriblement effrayant sortait des bois et nous rugissait après, et il nous effrayait tant que nous nous enfuyions.
 
- Que voulez-vous dire, rugit le Lion. Il n’y a pas d’autre lion que moi dans cette jungle et vous le savez très bien!
 
- Certes, certes, Père Lion, dit le petit chacal, C’est ce que tout le monde pense; mais pourtant, il y a bien une autre lion! Et, il est encore plus gros que vous, autant que vous êtes beaucoup plus gros que moi! Son visage est bien plus affreux, et ses rugissements bien plus effrayants. Oh, il est vraiment plus effrayant que vous!
 
En entendant cela, le Lion se leva, et il rugit si fort que toute la jungle en trembla.
- Amenez moi à ce lion, dit-il. Je vais le dévorer, et ensuite, c’est vous que je mangerai.
 
Les petits chacals partirent devant, et le Lion les suivit, l’air arrogant.
Ils le menèrent à un endroit où se trouvait un profond puit rempli d’eau claire.
 
Ils allèrent d’un coté, et le Lion se dirigea de l’autre.
- Il vit là-dessous, Père Lion! dit le petit chacal. Il vit là-dessous!
 
Le Lion s’approcha et il regarda dans l’eau, et la tête d’un lion le regarda également depuis l’eau!
 
Quand il vit ça, le Lion rugit.
Il secoua sa crinière et il montra ses crocs.
Et, le lion dans l’eau secoua également sa crinière, et il montra également ses crocs.
 
Le Lion secoua de nouveau sa crinière et il rugit encore, en faisant une grimace effrayante.
Mais, le lion dans l’eau en fit une aussi effrayante en retour.
Le Lion ne pouvait pas supporter cela.
Alors il sauta dans le puit pour se jeter sur l’autre lion.
 
Bien, sûr, comme vous le savez très bien, il n’y avait pas d’autre lion! C’était juste son reflet dans l’eau!
 
Et ainsi, le pauvre vieux Lion se retrouva dans l’eau, à se debattre encore et encore, mais, comme il ne pouvait pas escalader les parois escarpées du puit, il finit par se noyer.
 
Et, quand il se fut noyé, les petits chacals se prirent par la main, et ils se mirent à danser autour du puit en chantant:
 
- Le Lion est mort, le Lion est mort!    Nous avons tué le terrible Lion qui voulait nous tuer!
   Le Lion est mort, le Lion est mort!    Oh! Oh! Oh!