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Chapitre 3 : Partons…

Tout est calme et paisible dans la chambre des enfants.

Soudain, une minuscule boule de lumière fonce dans la pièce suivie presque immédiatement de Peter Pan.

— Clochette, sais-tu où est mon ombre ? demande-t-il.

 

— Dans la grande boite au fond de la pièce, répond celle-ci dans un tintement argentin, langage commun au fées.

Peter ouvre le tiroir de la commode et prend son ombre sans faire attention à Clochette qui y était entrée et referme le tiroir, emprisonnant la petite fée.

Comment faire pour attacher une ombre lorsqu’on est un petit enfant. Bien sûr, elle ne colle pas toute seule ; le savon non plus, cela ne marche pas.

Alors Peter s’assied sur le sol et se met à pleurer. Ses sanglots réveillent Wendy.

— Pourquoi pleures-tu petit garçon ? demande celle-ci à Peter. Je m’appelle Wendy, Wendy, Moira, Angela DARLING.

— Moi, c’est Peter Pan. Je pleure parce que je n’arrive pas à attacher mon ombre.

— Donne la moi, je sais comment faire. Je vais la recoudre avec du fil et une aiguille.

Peter fait une grimace. Une aiguille, du fil… ça risque de faire un peu mal mais en petit garçon courageux, il ne dira rien.

— Voilà, c’est terminé ! dit Wendy. Puisque tu n’as rien dit, je vais te donner un baiser.

En voyant qu’il lui tend la main, Wendy comprend que Peter ne sait pas ce que c’est qu’un baiser et elle lui tend le dé qu’elle vient juste d’utiliser pour coudre. Peter veut à son tour lui offrir quelque chose et il lui donne un gland.

— Quel est ton âge, Peter ? lui demande Wendy.

— Je n’en sais rien, répond celui-ci.

Je me suis enfui le jour de ma naissance.

Je ne veux pas devenir un homme alors, depuis, je vis au pays des fées.

Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois,

son rire se brisa en milliers de morceaux et chaque morceau devint une fée.

Depuis ce jour, chaque enfant devrait avoir sa fée.

Devrait car à chaque fois qu’un enfant déclare "Je ne crois pas aux fées", l’une d’entre elle meurt.

Tout en parlant, Peter se souvient de Clochette.

Il la cherche et la retrouve dans le tiroir de la commode.

Les paroles qu’elle lui dit à sa sortie, ne sont vraiment pas à rapporter ici.

Il faut dire que Clochette est une fée fort peu ordinaire.

Wendy n’a d’yeux que pour la fée.

Comme elle aimerait avoir aussi une fée comme celle-ci mais Clochette ne semble pas de cet avis.

— Où habites-tu maintenant ? demande Wendy à Peter.

— Au pays de l’imaginaire avec les six enfants perdus.

Ils sont tous tombés de leur landau lorsque leur bonne ne les regardait pas.

Moi, je suis leur capitaine.

Je viens souvent chez toi, le soir à ta fenêtre pour écouter les histoires que ta maman vous raconte parce

que moi, je ne connais pas d’histoires et nous n’avons pas de maman.

D’ailleurs, il est temps que je rentre pour raconter la fin de Cendrillon aux autres.

Si tu voulais venir avec moi, tu pourrais devenir leur maman, pour raconter des histoires, repriser les

chaussettes et faire la cuisine. En plus, je t’apprendrai à voler.

C’est bien plus qu’il n’en faut à Wendy.

Elle réveille ses frères John et Michael afin qu’ils l’accompagnent.

Ils sont tous les trois enthousiastes à l’idée de voir des sirènes, des pirates et des indiens.

Mais comment faire pour voler ?Peter souffle alors un peu de pollen des fées qu’il avait encore sur la main et ils s’élancent dans les airs et tournoient dans la chambre.

Monsieur et Madame DARLING, que Nana étaient allés rechercher après avoir brisé sa chaîne, ont juste le temps d’apercevoir de l’extérieur quatre ombres qui volent dans la chambre des enfants car,

lorsqu’ils arrivent enfin à l’étage dans la chambre des enfants, tous trois sont partis avec Peter pour le pays de l’imaginaire.